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Résume final. |
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Forum virtuel e-gen-af : "Les TIC pour l'égalité de genre : la parente conjointe en Afrique", ouvert en partenariat stratégique avec UNIFEM Bureau de Dakar et le soutien de Oxfam America, dans le cadre du projet "Les Technologies de l'Information et de la Communication a l'appui du programme des femmes pour l'égalité de genre" mener par ENDA Tiers Monde (Programme Communication pour les Femmes) avec le soutien de l'Initiative Acacia du Centre de Recherches pour le Développement International (Ottawa).Le but du forum est de mettre en valeur l'importance et l'actualité de l'application locale des instruments internationaux de promotion de l'égalité de genre, notamment en termes de droits de la parente ; d'échanger des informations sur la célébration de la Journée Internationale de la Femme dans les pays d'Afrique francophone ; et de partager expériences et stratégies d'utilisation des technologies basées sur Internet pour promouvoir l'égalité de genre en Afrique francophone. Les archives des débats sont disponibles a : http://famafrique.org/parenteconjointe/forum/forum.html
(enda, Dakar, 23 avril 2002) - Le premier forum virtuel de discussion sur les femmes et Internet en Afrique francophone vient de s'achever. Riche d'enseignements, cette expérience laisse aussi bien augurer de l'implication des femmes africaines dans la gestion de la mondialisation.
Le forum virtuel e-gen-af : "Les TIC pour l'égalité de genre : la parenté conjointe en Afrique", a été ouvert en partenariat stratégique avec UNIFEM Bureau de Dakar et le soutien de Oxfam America, dans le cadre du projet "Les Technologies de l'Information et de la Communication à l'appui du programme des femmes pour l'égalité de genre" mené par ENDA Tiers Monde (Dakar) avec le soutien de l'Initiative Acacia du Centre de Recherches pour le Développement International (Ottawa). Il s'est déroulé du 28 janvier au 23 avril 2002.
Il avait pour but de mettre en valeur l'importance et l'actualité de l'application locale des instruments internationaux de promotion de l'égalité de genre, notamment en termes de droits de la parenté ; d'échanger des informations sur la célébration de la Journée Internationale de la Femme dans les pays d'Afrique francophone ; et de partager expériences et stratégies d'utilisation des technologies basées sur Internet pour promouvoir l'égalité de genre en Afrique francophone. Les archives des débats sont disponibles à : http://famafrique.org/parenteconjointe/forum/forum.html
De soixante, au démarrage de la liste, le nombre des membres inscrits est passé à 150, au moment de sa clôture, selon la répartition géographique suivante : Sénégal (32), non identifié (23), Mali (16), Burkina-Faso (12), Bénin (9), Cameroun (9), Niger (6), Guinée (5), Maroc (5), Togo (5), RD Congo (5), Canada (5), Côte d'Ivoire (3), Mauritanie (3), France (3), Gabon (2), Belgique (2), Tchad (1), Rwanda (1), Algérie (1), Kenya (1), Inde (1), Allemagne (1), Italie (1), Pays-Bas (1), Royaume Uni (1), Suisse (1). Une dizaine de ces membres étaient des hommes (6%).
Au total, 46 membres (30%) dont 6 hommes, se sont exprimés, depuis 19 pays : Algérie (1), Belgique (2), Bénin (4), Burkina Faso (3), Cameroun (3), Canada (1), France (3), Guinée (1), Inde (1), Italie (1), Mali (1), Maroc (1), Mauritanie (1), Niger (3), RD Congo (5), Rwanda (2), Sénégal (11), en échangeant au total 115 messages, soit une moyenne de 10 messages par semaine.
Les participant(e)s ont signalé attendre de ce forum un échange d'informations et d'expériences sur les stratégies engagées dans la sous-région et le renforcement des capacités en approche genre des acteurs de développement.
Dans leurs messages introductifs, la coordinatrice du projet Parente conjointe (ENDA) et la Directrice régionale de UNIFEM (Dakar) ont rappelé que les états-membres des Nations Unies se sont engagés à mettre leurs législations nationales en harmonie avec les dispositions de la Convention sur l'Elimination de toutes les Formes de Discrimination envers les Femmes (CEDEF/CEDAW) d'ici 2005, dans un contexte où les technologies actuelles de communication sont favorables à l'action des femmes. En Afrique, et en contradiction flagrante avec les dispositions des Constitutions africaines qui consacrent l'égalité des citoyens, les femmes sont pour la plupart légalement dépossédées de la capacité d'exercice du droit parental, alors que les indicateurs démontrent le rôle fondamental des femmes dans la survie et le maintien de la famille en tant que cellule sociale de base.
La question de l'application nationale des instruments internationaux de promotion de l'égalité de genre a été présentée à partir du contexte béninois, et discuté dans des contributions venues notamment de Mauritanie, du Cameroun, de Guinée, du Sénégal et de l'Algérie. Il ressort des discussions que les droits des personnes (dont les femmes) sont régis par des textes parfois assez anciens et qui se fondent sur des sources multiples : religions, droits coutumiers codifiés ou non, codes napoléonien ou inspirés des ex-puissances coloniales - partiellement amendés. Paradoxalement, la quasi-totalité des textes fondateurs des entités nationales (Constitutions), plus récents, proclament l'égalité juridique des personnes, quelque soit leur sexe. Nombre de pays (comme le Bénin, la Guinée) ont tenté, sans y aboutir encore, de reformuler leur législation nationale en matière de droits des personnes et des familles, et cela malgré l'appui apporté aux pouvoirs publics par les organisations de femmes. Le Sénégal aussi, dont le Code de la Famille est plus récent (30 ans), témoigne des difficultés de l'adaptation des pays er à l'évolution contemporaine des sociétés nationales et internationale.
La question de l'égalité des droits des parents ne peut pas faire l'économie d'une réflexion globale sur le statut de la femme au sein de la famille et de la société, incontournable dans le processus actuel de développement. Diverses composantes de la société doivent être informées et sensibilisées : les femmes, les hommes, les responsables traditionnels, les décideurs. Cela ne relève pourtant pas de l'impossible, même dans les pays très soucieux de conserver leur identité culturelle, s'il existe une forte coopération entre les pouvoirs publics et les organisations de la société civile, notamment celles des femmes. Certain(e)s souhaiteraient parvenir à une re-découverte - notamment par les yeux des femmes - des fondements traditionnels et religieux des sociétés. Cette stratégie paraît limitée voire impossible à d'autres, qui préfèrent miser sur la laïcisation et la démocratisation des entités nationales.
Les obstacles à ce processus de changement sont nombreux, tenant à la fois au sous-développement (pauvreté, analphabétisme, non application des textes, faiblesse des moyens des pouvoirs publics, disparités spatiales) et à la situation générale de marginalisation qui pénalise les femmes en termes de participation à la vie publique et politique, d'insensibilité des pouvoirs publics à l'inégalité des relations de genre, de difficulté à l'instauration d'un dialogue paritaire entre les hommes et les femmes.
La célébration de la journée internationale de la femme en Afrique francophone, portait d'ailleurs cette année sur le thème "genre et pauvreté", présenté dans le forum depuis le contexte du Burkina Faso. La pauvreté doit être perçue comme une absence d'avoir, de savoir et de pouvoir, ainsi que sous l'angle des "inégalités structurelles" telles que l'accès à l'emploi, à la santé, à l'éducation, à la formation, à l'information, aux technologies appropriées, aux sphères de décision, etc. Comment peut-on prétendre à l'exercice collégial de l'autorité en situation d'inégalité ?
Les questions d'information et de communication constituent alors des enjeux centraux, ainsi que l'appropriation et l'utilisation des nouvelles technologies dans ce domaine, dont le pouvoir mobilisateur se constate actuellement en Afrique francophone, y compris autour du présent forum. Les moyens d'expression les plus populaires (radios communautaires), les plus rapides et les moins onéreux (les technologies de l'information et de la communication, TIC) représentent pour les femmes (dans le monde rural surtout), et pour les questions à portée universelle (droits de la citoyenneté, négociation des textes fondateurs ou intégrateurs à portée régionale ou mondiale, par exemple) des champs prioritaires à investir.
La double articulation de l'action pour la promotion de l'égalité de genre et de la e-gouvernance (la bonne gouvernance par le biais de l'utilisation des TIC) prend alors un caractère d'évidence, dans un contexte de démocratisation et de mondialisation. Ce thème, introduit à partir du cas du Sénégal, a été discuté depuis d'autres perspectives sous-régionales. La bonne gouvernance implique d'instaurer de part et d'autre la volonté d'un dialogue permanent entre gouvernants et gouvernés, pour communiquer, informer, faciliter des procédures. Le droit des personnes à l'information et à la communication pour la défense de leurs intérêts, le droit à la santé, à l'éducation et à la jouissance de la vie font partie des droits fondamentaux des personnes. Les TIC et Internet sont des moyens privilégiés d'exercice de la bonne gouvernance et de la démocratie.
Les femmes, qui sont les plus frappées par la pauvreté et l'exclusion, doivent pouvoir exprimer directement leurs préoccupations par le biais des TIC. Certaines associations de femmes en Afrique francophone ont déjà compris, malgré les multiples difficultés pratiques rencontrées, l'intérêt qu'il y a à utiliser l'ordinateur pour vulgariser le droit auprès des femmes, agir pour la promotion des statuts, dénoncer des discriminations, agir rapidement et trouver des solutions par l'échange d'expériences et de savoirs, la solidarité et les stratégies collectives.
La bonne gouvernance ne peut se faire sans la participation équitable des hommes et des femmes aux processus décisionnels, la transparence dans les décisions prises, l'obligation de rendre des comptes à laquelle sont tenus les dirigeant(e)s. Les actions doivent se mener dans les domaines de l'éducation, de la formation politique et en plaidoyer, la facilitation de la communication, l'information juridique et la mise en visibilité des rapports de genre.
L'ouverture d'un centre virtuel (site web) d'information et de documentation sur les droits des femmes dans les pays d'Afrique, en concertation entre les organisations de la société civile et les instances dirigeantes serait une possibilité d'action, dont les effets seront démultipliés en l'articulant sur l'utilisation des langues nationales, la décentralisation de l'information par la concertation notamment avec les médias et radios communautaires, et la constitution de répertoires et réseaux virtuels axés sur la solidarité et la formation.
Les actions à engager en termes d'utilisation des techniques de communication virtuelle pour la promotion de l'égalité de genre et de la bonne gouvernance ne sauraient toutefois dispenser d'actions de terrain, telles que l'allongement de la période de formation des petites filles, permettant de retarder leur entrée dans le cycle de vie des femmes, et le rééquilibrage de la redistribution des rôles et des tâches allouées aux genres dans la vie publique et domestique.
Au total, si les thèmes discutés dans ce forum ne sont pas précisément nouveaux, c'est la première fois qu'ils ont été abordés dans ce contexte et avec ces moyens techniques, et les participants n'ont pas manqué de relever l'espoir et les perspectives que cela suscite en eux. Pour autant, les difficultés de connexion et d'accès, l'exclusion et le silence (de la majorité des femmes, des hommes, des antagonistes, des puissances publiques) ont été soulevées et regrettées. Dans notre région, égalité de genre et e-gouvernance sont néanmoins passés du stade de l'idéal à celui du possible.