Les TIC à l'appui du programme des femmes
pour l'égalité de genre au Sénégal
une action en partenariat ENDA-SYNFEV et Siggil Jigéen

enda-synfev, b.p. 3370, Dakar, Sénégal,
tel : (221) 823 45 42 ; fax : (221) 822 26 95,
courriel : ,

http://www.enda.sn/synfev/synfev.htm

Siggil Jigéen, b.p. 10137, Dakar, Sénégal,
tel-fax : (221) 825 00 56 ;
courriel : ,
http://famafrique.org/sjigeen/siigeen.html
avec le soutien du Programme Acacia
du Centre de recherches pour le développement international, Canada.

 

La pension de la veuve

"Ce document peut être librement reproduit, à des fins non commerciales uniquement, à condition d'en mentionner la source : ENDA, Projet parenté conjointe, Dakar, 2001"

Sokhna :
Bonjour à vous toutes, j'espère que vous allez bien ainsi que vos familles. J'ai convoqué la réunion de notre association de quartier pour que nous discutions du cas de Ngone, notre voisine. Dieu l'a rappelée à lui, la semaine dernière, qu'il l'accueille dans son paradis.

Une femme :
Amen, Ngone, c'était vraiment une femme courageuse !

Une femme :
Elever seule ses enfants, après la mort de son mari ! Le pauvre, il n'a jamais pu travailler du fait de sa mauvaise santé. C'est vraiment elle qui a toujours tenu la famille à bouts de bras.

Sokhna :
Oui, en fait c'est de ses enfants que nous devons parler. Les quatre sont encore a l'école, et les classes vont bientôt ouvrir. Il est sûr que leur tante qui les a recueillis sera bien en peine de subvenir à leurs besoins durant cette difficile période qu'est la rentrée scolaire. Vous savez bien ce que Ngone a tout fait pour notre association, de son vivant. Nous devons maintenant décider de ce que nous, membres de l'association, allons faire pour ceux qu'elle a laissés derrière elle.

Une femme :
Ngone a donné toute sa vie pour les autres : sa famille, son mari, ses enfants, son voisinage. Mais aussi l'état, puisqu'elle était fonctionnaire. Bien sur nous toutes n'allons pas laisser tomber ses enfants, mais que va faire l'Etat ?

Une femme :
Ca ! J'ai bien peur qu'il ne fasse rien du tout ! J'ai connu le même cas pour ma belle sœur. Elle aussi était fonctionnaire, et elle cotisait à l'IPRES, comme tout travailleur. Elle a eu sa retraite, mais quand elle est décédée, ses enfants mineurs n'ont eu droit à rien, parce qu'ils n'étaient pas considérés comme ses ayants-droits. On nous a expliqué que c'est seulement le père qui est responsable légal des enfants, donc c'est seulement si lui-même laisse des héritiers mineurs à son décès qu'ils peuvent bénéficier de la pension de leur père. Mais les femmes, non.

Une femme :
Eh ben ! Quelle discrimination ! Ca ne ressemble pas beaucoup à une démocratie !

Sokhna :
Bon, nous pourrons discuter de ça une autre fois, bien sûr. Mais pour l'instant, comment allons nous résoudre le problème concret et immédiat des frais de scolarité des enfants ? Seriez vous d'accord pour que nous nous cotisions toutes pour envoyer une somme à la tante qui s'occupe des enfants, afin de l'aider, maintenant ? Ou avez-vous une autre suggestion, pour montrer que entre nous, les femmes, au moins, nous savons ce que c'est que la solidarité ?

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