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Le domicile conjugal |
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Marème : Mère chérie, je ne sais pas quoi faire … Demba, le mari que vous m'avez donné, n'est pas souvent là, avec son métier de transporteur. Heureusement que j'ai pu rester vivre près de vous parce que je suis souvent seule…
Hier il m'a dit qu'il voulait que j'aille rejoindre le domicile conjugal a Yembeul, près de ma belle-mère. Comment vais-je faire pour mon travail ? Cela va me faire perdre mon travail a l'usine des phosphates, ça ne sera pas facile de trouver quelque chose a Yembeul. Je vais me sentir très solitaire et démunie. Il dit que je n'aurais qu'a trouver autre chose la-bas.
La mère : Ma fille, ton mari est ton mari, tu dois le suivre !
Marème : Le suivre ! mais la plupart de temps il n'y sera pas, puisqu'il est si souvent sur les routes ! Nous pourrions bien, ensemble, trouver un autre domicile conjugal, puisque son travail est itinérant alors que le mien est fixe. Il dit que mes belles-sœurs viendront me tenir compagnie. Elles sont gentilles, bien sûr, mais moi j'ai besoin de mon travail pour participer aux frais de la maison.
La mère : Réfléchis bien, ma fille, avant de prendre une décision qui pourrait avoir de graves conséquences. Dans notre tradition, c'est vrai, on reconnaissait aux femmes la capacité de transmettre des pouvoirs dans la famille. Mais ça c'est presque oublié maintenant. Et la loi dit que c'est le mari qui fixe le domicile conjugal, et la femme est tenue de l'y suivre. Parce que c'est l'homme qui est le chef de famille. Si tu refuses de rejoindre le domicile conjugal, il est en droit de se fonder sur cela pour demander le divorce pour abandon de domicile conjugal. C'est entièrement son droit. Est-ce cela que tu veux, alors que ton mariage est si récent et que tu portes un enfant ?
Marème : Mère chérie, tu sais que ce n'est pas cela que je veux. Ce que je dis, c'est que nous pourrions décider en commun du lieu ou s'établira la famille que nous avons fondée ensemble, en fonction des meilleurs intérêts de notre famille ! C'est ce que j'ai essayé de lui expliquer, mais il dit que choisir le domicile conjugal c'est son droit à lui, pas le mien.
La mère : Malheureusement il a raison ! Il faut te soumettre, ma fille …