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MALI: Les femmes s'impliquent dans la gestion des déchets plastiques et solides

Par Almahady Cissé

BAMAKO, 21 juin (IPS)- La quinzaine de l'environnement (02-17 juin) a permis à la Coalition environnement et développement durable de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (CAFO) d'organiser une série d'activités de plaidoyer pour la sauvegarde de l'environnement.

''J'ai une part de responsabilité dans la dégradation de mon environnement; je dois produire moins de déchets...'', tel était le slogan que les femmes du Mali ont choisi pour célébrer, cette année, la traditionnelle quinzaine de l'environnement.

Au programme des activités, se trouve en priorité la gestion des déchets liquides et solides à travers des actions de sensibilisation, et même d'éducation environnementale en direction des populations des villes en particulier.

Selon une étude réalisée en 1999 par la Direction nationale de l'assainissement et du contrôle des pollutions et nuisances, le volume des déchets ménagers du district de Bamako varie entre 1.500 et 2.000 mètres cubes par jour. La production des seules ordures ménagères représente 99 pour cent du total des déchets du district, précise l'étude.

Le taux de génération de ces déchets est estimé en moyenne de 0,5 à 1 kilogramme par personne et par jour. D'où une production annuelle de 231 kilogrammes de déchets solides par personne à Bamako, la capitale malienne, dont la population est de 1,016 million d'habitants, selon le recensement de 2001. Au total, quelque 234,696 millions de kg de déchets solides sont produits à Bamako par an.

Ce sont ces constats qui ont incité les femmes du Mali, à travers la Coalition environnement et développement durable de la CAFO, à tirer sur la sonnette d'alarme en organisant leur campagne en faveur d'un environnement sain.

Pour Traoré Néné Touré, présidente de la coalition, ''l'heure n'est plus à la désolation, mais à l'action pour l'environnement et la qualité de la vie''. Elle a confié à IPS : ''Cette année, notre objectif vise essentiellement à amener les femmes à s'impliquer dans la gestion des déchets. Cette implication doit être perçue comme une nécessité et un gage de réussite pour les actions futures''.

En marge des activités de sensibilisation et de reboisement, la Coalition environnement et développement durable de la CAFO a organisé une conférence-débat portant sur la gestion des déchets liquides et solides. Cette conférence a enregistré la participation des différents acteurs et organismes œuvrant dans le domaine de l'environnement.

Le conférencier, Soumaïla Berthé, chef de la section de formation à la Direction nationale de l'assainissement et du contrôle des pollutions et nuisances, a lui aussi insisté sur le rôle des femmes dans la gestion des déchets. ''Les femmes doivent s'impliquer dans la gestion de l'environnement parce que non seulement, elles contribuent beaucoup à la dégradation de l'environnement, mais elles doivent surtout jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre ce fléau''.

Pour Diarra Oumou Keita, présidente du Collectif des groupements intervenant dans l'assainissement au Mali (COGEM), ''le problème de l'insalubrité est dû au manque de civisme des populations, au manque de sanction et surtout à un manque de soutien du gouvernement, voire une volonté politique quasi-inexistante''.

Le président de l'ONG nationale Réseau droit de l'environnement, Noël Diarra, insiste, lui aussi, sur l'impunité dont bénéficient les actes d'incivisme des populations. Selon lui, une meilleure application de l'article 15 de la constitution malienne permettra de résoudre les problèmes de l'environnement dans ce pays d'Afrique de l'ouest.

La disposition constitutionnelle stipule : ''Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l'environnement et la promotion de la qualité de vie sont un devoir pour tous et pour l'Etat''.

Les politiciens ont fait leur mea culpa, reconnaissant que leurs partis ne maîtrisaient pas assez bien les textes qui réglementent l'environnement au Mali.

S'il est vrai qu'au sein de la direction de chaque formation politique, il existe un poste de secrétaire à l'environnement, force est de reconnaître qu'aucun parti n'a pris à cœur le problème de l'environnement comme une priorité de plan d'action, déclare Mamadou Cissoko, secrétaire chargé de l'environnement au Comité exécutif du Parti pour la renaissance nationale (PARENA, opposition).

Les participants reconnaissent unanimement que la mauvaise gestion des déchets entraîne des conséquences néfastes sur la santé. Le coût économique dû aux maladies liées à l'insalubrité était estimé en 1999, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à 2 milliards de francs CFA (environ 2,857 millions de dollars US), soit 0,16 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) du Mali.

La croissance démographique du Mali (plus de 3 pour cent) et l'urbanisation rapide - souvent anarchique - de ses villes posent de véritables problèmes environnementaux pour ce vaste pays dont le nord est désertique. La population totale du Mali est d'environ 10 millions d'habitants sur une superficie de 1,240 million de km2.

Selon l'ancien ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, Soumaïla Cissé, les problèmes d'environnement au Mali se posent ''en termes de défi en matière de gestion des déchets urbains''.

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