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POLITIQUE-NIGER : Une seule femme sur 83 députés dans le nouveau Parlement |
Par Saïdou Arji
NIAMEY, 29 déc. (IPS)- La principale particularité de la nouvelle Assemblée Nationale nigérienne issue des élections législatives du 24 novembre dernier est qu'elle ne compte qu'une seule femme sur les quatre vingt trois (83) députés de l'hémicycle.
Dès la proclamation des résultats des élections législatives le 26 décembre dernier par la Cour d'Etat, plusieurs responsables des associations féminines sont montées au créneau pour dénoncer cette sous-représentation des femmes au Parlement.
Diori Kadidiatou, membre du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires (RFAMP) et candidate malheureuse aux législatives, l'objectif des femmes n'a pas du tout été atteint à travers les élections.
''Les femmes n'ont même pas obtenu 2 pour cent des sièges au parlement, alors que l'objectif fixé par notre réseau était de 30 pour cent'', dit-elle.
Bien avant les élections, le RFAMP avait entrepris une campagne de sensibilisation à l'endroit des femmes. Plusieurs missions ont été dépêchées dans toutes les régions du pays, pour appeler les femmes non seulement à se présenter massivement au scrutin législatif, mais aussi à choisir les listes sur lesquelles les femmes sont bien placées.
Au vu du résultat, on peut remarquer que cette campagne n'a pas remporté le succès escompté, affirme Diori.
Selon Bayard Gamatié, Présidente de l'Organisation non-gouvernementale ''Femme et Famille (FEFAM), la débâcle des femmes aux législatives était prévisible et révèle la faiblesse constante du mouvement féminin.
''Les femmes ont perdu chaque fois qu'elles partent en ordre dispersé. C'est ce qui explique le recul progressif de leur nombre au parlement ces dernières années'', affirme-t-elle.
Au début de l'ère démocratique en 1993, il y avait 6 femmes à l'Assemblée Nationale du Niger. Depuis, ce chiffre n'a fait que chuter, passant de 4 députées à la deuxième législature à une députée actuellement.
Si la sous- représentativité des femmes au parlement s'explique pour certains observateurs par la faiblesse des organisations féminines, d'autres dénoncent l'injustice au niveau des partis politiques.
''Les formations politiques ne font aucun effort pour aider les femmes. Pour preuve, les femmes sont sorties massivement pour voter, mais leurs sœurs sont mal placées sur les listes électorales. En fin de compte, les hommes s'appuient sur les femmes pour parvenir à leurs fins. Cela est injuste'', affirme Claude Hadiza, Présidente de la Confédération des ONG et Associations Féminines du Niger (CONGAFEN).
Amina Moustapha, étudiante en sociologie à l'Université de Niamey pense qu'il faut ''poser le débat sur la place des femmes au sein des partis politiques où les hommes n'ont besoin d'elles qu'à l'occasion de scrutins. En d'autres termes, nous sommes considérées comme un bétail électoral''.
Aïssata Mounkaïla, l'unique femme élue à l'Assemblée nationale, regrette qu'il n'y ait pas eu plus de femmes au parlement.
''Après la proclamation des résultats des élections législatives, le premier sentiment qui m'a animé est un sentiment de regret, car je serais seule parmi 82 hommes'', affirme Mounkaïla qui a été déjà députée en 1993.
Mais au-delà du regret, le député précise que le fait d'être seule au parlement la condamne à se battre pour défendre les droits de la femme.
''Je ferais en sorte que ce vide soit ressenti le moins possible à travers les lois que votera notre Assemblée '', a-t-elle ajouté.
Après leur échec aux législatives, les organisations féminines fondent désormais leur espoir sur la composition du futur gouvernement et la nomination aux autres postes de l'Etat où elles espèrent être représentées.
Dans le discours qu'il a prononcé le 26 décembre 1999, à l'occasion de la cérémonie officielle d'installation de l'Assemblée Nationale, Maître Issaka Souna, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), a déploré le fait qu'une seule femme représente plus de la moitié de la population nigérienne.
Il a lancé un appel aux députés en ces termes : '' Je vous invite à tenir compte de la constante nécessité de faire évoluer le statut de la femme à travers votre œuvre législative''.