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Amnesty International critique les gouvernements pour n'avoir pas sanctionné la torture des enfants |
Par Marwaan Macan-MarkarMEXICO CITY, 11 déc. (IPS-Service Mondial) - L'une des plus grandes organisations des droits de l'Homme a accusé les gouvernements dans plus de 50 pays, de permettre que les enfants soient torturés et fassent l'objet de ''violence et d'abus horribles''.
Cette ''réalité tragique'' a lieu parmi les enfants bloqués dans les guerres et les conflits, ceux qui sont suspectés d'activité criminelle et détenus dans les prisons et ceux qui vivent dans la rue, indique Amnesty International (AI) basé à Londres, dans un rapport publié dans le monde entier le vendredi.
Le rapport de 60 pages, qui a été publié à la veille de la commémoration de la Journée Internationale des Droits de l'Homme, le 10 décembre, soutient que les gouvernements où de tels abus se produisent n'ont pas pu ''condamner, enquêter et engager des poursuites judiciaires contre les bourreaux, un manquement qui a pour conséquence la légitimation de la torture''.
Et parmi les pays identifiés par le rapport nommé, ''Scandale Caché, Torture Secrète et Honteuse et Maltraitance des enfants'', on peut citer la Colombie et le Guatemala en Amérique Latine, le Kenya et l'Ouganda en Afrique et le Bangladesh et l'Inde en Asie.
''La torture des enfants prend plusieurs formes, et est un réquisitoire de l'insuccès des gouvernements'' à protéger les enfants contre une telle maltraitance'', a déclaré Willam Schulz, directeur exécutif du bureau de Amnesty International aux Etats Unis (AIUS), dans un communiqué de presse. ''Les enfants souffrent d'une violence et d'un abus horrible, toutefois, les gouvernements ignorent leur témoignage et laissent les tortionnaires en liberté''.
Les auteurs de ce rapport ajoutent, par ailleurs, qu'il y a une légère différence entre les pays lorsqu'il s'agit de cette forme de violence contre les enfants.
''Partout dans le monde, nous voyons les mêmes formes d'abus'', indiquent-ils. ''Il y a très peu de différence entre la manière dont la police traite les enfants en Chine et la manière dont elle les traite au Brésil ; il y a très peu de différence entre les conditions de détention au Paraguay et en Russie ; et la violence contre les enfants dans les conflits armés est également dévastatrice en Sierra Léone et en Afghanistan''.
Pour Janice Christensen, directrice de campagne de AIUS, les gouvernements nommés dans le rapport n'ont évidemment pas pu honorer leurs obligations internationales, y compris leur engagement à défendre les principes expliqués clairement dans la Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant (CRC).
Selon le CRC, qui a été ratifié par tous les pays à l'exception des Nations Unies et de la Somalie, ''aucun enfant ne doit être soumis à la torture ou autre traitement ou punition cruel, inhumain ou dégradant''.
Ce qui est également troublant, ajoute Christensen, c'est la réticence des gouvernements à poursuivre les violateurs, dont la plupart sont des hauts dignitaires de l'Etat, parce que cela signifie ''accepter la responsabilité que de tels abus sur les enfants ont lieu''.
Parmi les conclusions du rapport, il y a ''le profond impact'' que la torture a eu sur le corps et l'esprit d'un enfant''. ''Les enfants qui sont torturés de manière répétée ou sur de longues périodes, sont susceptibles de souffrir de changements de personnalité permanents'', révèle le rapport.
Par ailleurs, indique le rapport, un sérieux traumatisme physique ''pourrait perturber ou déformer les mécanismes de croissance normaux '', causant une faiblesse et un handicap durables.
Par rapport aux enfants bloqués dans les conflits armés, le rapport indique que plusieurs ''sont torturés'' simplement parce qu'ils vivent dans une ''zone ennemie'' ou à cause de la politique, de la religion ou de l'origine ethnique de leur famille.
En guise d'exemple, il indique comment les enfants ont souffert d'une escalade de violence sans précédent'' pendant les neuf années de guerre civile en Sierra Léone, où des milliers d'enfants ont été tués, mutilés, enlevés ou forcés à combattre ou violés ou forcés à la prostitution''.
Pour les enfants en détention préventive à la police, d'autre part, le rapport confirme que dans certains pays les bastonnades sont considérées ''normales'' suite à une arrestation et ''certains officiers de police comptent sur la torture comme une méthode d'interrogation''. Les enfants reçoivent des coups de poing, des coups de bâtons ; ils sont battus avec des pieds de chaises, des crosses de fusil, des fouets, des tuyaux en fer et des cordes électriques.
De plus, les enfants détenus ont également été violés par certains officiers de police, tandis que d'autres ont été victimes de chocs électriques et de brûlures de cigarettes. En conséquence, les enfants ont souffert de ''commotions, de saignement interne, d'os cassés, de perte de dents et de rupture d'organes''.
La situation dans les centres de détention juvénile est également violente, ajoute le rapport. ''L'abus physique est une réalité pour plusieurs jeunes détenus''.
Et en ce qui concerne l'abus des enfants de la rue, le rapport révèle que la torture et le mauvais traitement prévalent dans plusieurs pays.
Selon Michel Maza, coordonnateur des relations internationales au Centre des Droits de l'Homme basé à Mexico, ce problème mondial a été aggravé par la ''culture de l'impunité dont jouissent les violateurs''.
Christensen est de cet avis, ajoutant que la ''torture des enfants est un crime qui est immédiatement étouffé''.
Toutefois, AI est déterminé à changer une tendance aussi troublante. Et dans son rapport, il a lancé un appel aux gouvernements pour qu'ils condamnent publiquement la torture des enfants partout où elle se produit, qu'ils enquêtent sur toutes les allégations de torture, qu'ils s'assurent qu'elle est proscrite dans la loi et que les tortionnaires sont traduits en justice.
Amesty a également appelé les groupes de militants à faire comprendre à leurs forces que ''la torture est inacceptable''. Faire autrement, soutient-il, exposerait non seulement le CRC à l'échec, mais '' compromettrait également notre avenir''.