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Prévention et la prise en charge du VIH en Afrique |
Le Directeur d'ONUSIDA demande au moins 3 milliards de dollars pour la prévention et la prise en charge du VIH en Afrique, soit près de dix fois les montants actuels.
A l'ouverture de la Conférence Internationale sur le SIDA a Durban, le Dr Peter Piot, Directeur Exécutif de l'ONUSIDA, demande une augmentation des ressources.
Durban, Afrique du Sud, 9 juillet 2000 Selon le Dr Peter Piot, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), il faut augmenter considérablement les montants destinés au VIH/SIDA, pour satisfaire les besoins les plus élémentaires en matière de prévention et de prise en charge en Afrique subsaharienne.
"Le déséquilibre croissant des ressources observé dans le monde est le moteur du VIH/SIDA en Afrique", a déclaré le Dr Piot. Il nous faut dans l'immédiat 3 milliards de dollars pour la prévention et la prise en charge les plus élémentaires en Afrique, sans même envisager la question des thérapies associées. Et ce chiffre, incroyablement, représente près de dix fois les dépenses d'aujourd'hui.
Dans sa déclaration à la Cérémonie d'ouverture de la XIIIème Conférence internationale sur le SIDA, ici aujourd'hui, le Dr Piot a demandé aux gouvernements des pays touchés de l'Afrique subsaharienne, aux gouvernements donateurs et aux autres secteurs importants, y compris le monde des affaires, d'augmenter de manière spectaculaire les ressources destinées à la prise en charge et à la prévention du VIH/SIDA en Afrique subsaharienne. Le Dr Piot a noté que plusieurs pays développés dans le monde avaient récemment accru leurs contributions pour s attaquer à l'épidémie mondiale, mais a ajouté qu il fallait faire bien davantage encore.
Le Dr Piot a également demandé instamment aux gouvernements des pays les plus riches de la planète d'annuler la dette d un grand nombre des nations africaines les plus touchées, afin qu une partie des milliards de dollars employés aujourd'hui au service de la dette puisse être consacrée aux soins de santé et à la prévention du VIH/SIDA. Plusieurs des pays dont la dette extérieure est la plus élevée figurent aussi parmi les pays les plus touchés par le VIH/SIDA et les économies réalisées sur le service de la dette pourraient être consacrées à des programmes de fourniture de soins et de réduction de la transmission du VIH. Le Dr Piot a fait observer que les pays africains remboursaient chaque année aux pays les plus riches du monde 15 milliards de dollars pour le service de la dette, alors que la totalité des dépenses intérieures et internationales sur le SIDA en Afrique dépassaient à peine 300 millions de dollars.
"Ce tragique déséquilibre des ressources coûte des millions de vie chaque année" a déclaré le Dr Piot. Les efforts actuels sont tout simplement insuffisants. Le monde entier doit en faire davantage.
Cette année, pour la première fois, la Conférence internationale sur le SIDA se déroule en Afrique, où les taux d'infection à VIH chez l'adulte dépassent 25% dans plusieurs pays. Il y a une semaine, l'ONUSIDA a publié un rapport mondial sur l'épidémie, qui précise que dans les nations africaines les plus touchées comme le Botswana, jusqu à deux adolescents de 15 ans sur trois peuvent s'attendre à décéder du SIDA.
En Afrique subsaharienne, la région la plus lourdement frappée par le SIDA, on a compté, en 1999, 4 millions de nouvelles infections à VIH et l'épidémie continue à se propager. Le SIDA tue aujourd'hui chaque année dix fois plus de personnes que la guerre sur le continent africain. Dans ce contexte, les activistes, les scientifiques et les responsables politiques se sont réunis à Durban entre le 9 et le 14 juillet, afin de trouver les moyens de ralentir la propagation de l'épidémie et de rompre le silence qui l'entoure.
La lutte contre la stigmatisation liée au VIH/SIDA au coeur des discussions de la Conférence
Une conférence de presse de l'ONUSIDA qui a également eu lieu ici aujourd 'hui, a exposé les stratégies susceptibles de lutter contre la stigmatisation qui s'attache au VIH/SIDA. La stigmatisation est responsable d'une grande partie des ravages causés par le SIDA et le thème de la Conférence de Durban est "Rompre le silence". De nombreuses personnes infectées par le VIH sont confrontées à la discrimination de leurs collègues, de leurs amis, et parfois de leurs proches. Il leur arrive de perdre leur foyer ou leur travail et certains ont même été assassinés. Le déni marche main dans la main avec la discrimination et il est encore fréquent que les gens nient l'existence du VIH dans leurs communautés. Cette attitude empêche les personnes infectées de demander des soins et entrave les discussions franches qui aideraient la population à prendre des mesures préventives.
"A l'aube d'un nouveau millénaire dominé par l'incontestable destruction provoquée par ce virus, la conférence SIDA 2000 se centrera sur la nécessité de continuer à abattre les préjugés et les obstacles qui entravent la mise en place d'une riposte efficace", a déclaré le Professeur Hoosen Coovadia, Président de la Conférence. Dans ce forum ouvert, nous chercherons ensemble les moyens d'appeler l'attention du public, des gouvernements et des organisations internationales sur l'urgence du défi consistant à s'attaquer pleinement aux questions de soins de santé, de politiques sociales, de recherche et d'économie liées au VIH/SIDA.
"Le silence entourant le VIH/SIDA dans le monde est fondé sur l'ignorance, la crainte et le déni. Si une partie de ce silence a été rompu, le monde connaît encore trop d'ignorance et de crainte, qui pourraient être levées si nous jouons tous le rôle qui nous est dévolu", a déclaré Shaun Mellors, Coordonnateur communautaire de la Conférence.
Alors que le VIH est principalement transmis, partout dans le monde, par les comportements sexuels, le sexe et les infections sexuellement transmissibles demeurent des sujets tabous. Cependant, l'ONUSIDA a relevé des signes prometteurs, car de plus en plus d'individus et de responsables politiques s'expriment ouvertement. Plusieurs chefs d'Etat ont commencé à parler publiquement du SIDA, rompant le silence et montrant l'exemple. Mais le silence demeure la règle, pour le moins dans la vie de tous les jours.
Parmi les autres participants à la conférence de presse d'aujourd'hui se trouvait Fezeka Kuzwayo, l'une des rares personnes sur les 4,2 millions d'individus vivant avec le VIH en Afrique du Sud à avoir publiquement parlé de sa maladie.
Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Anne Winter, ONUSIDA, Salle de presse, Durban, (+27 31) 332.2031, téléphones mobiles (+41 79) 213.4312 et (+27 82) 858.0891,
Dominique De Santis, ONUSIDA, Genève, (+41 22) 791.4509
ou Michel Aublanc, Conseils Relations Presse, Paris, 01.69.286.286, téléphone mobile 06.08.719.795.Pour en savoir d'avantage sur le Programme, consulter le site :http://www.unaids.org