famafrique

famafrique ¦ Nouvelles et annonces ¦


Les femmes héritières
de plein droit

Par Fabrice Boulé

(Syfia - Suisse)- En avril, la Commission des Droits de l'Homme, réunie à Genève pour sa 56e session, a adopté une résolution appelant l'ensemble des gouvernements et des institutions internationales à défendre l'accès à la terre pour les femmes, la propriété de leur logement et le droit à hériter comme les hommes.

Certes, le Sommet de Pékin en 1995 avait largement évoqué ces questions. De nombreux accords internationaux, dont la Convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes, en font leur priorité.

"Mais cette résolution est capitale car elle a été adoptée au chapitre des droits économiques, sociaux et culturels, et non pas dans les affaires spécifiquement féminines, estime Leilani Farha, du Centre on Housing Rights and Evictions, une ONG basée à Genève, qui travaille sur la sensibilisation des femmes à leurs droits. C'est aussi un texte que les associations de femmes pourront utiliser pour faire pression dans leurs pays respectifs", espère-t-elle.

Dans de nombreux pays africains, des lois récentes garantissent, en principe, l'égalité entre hommes et femmes face à la propriété et à l'héritage. Mais, ces dernières années, plusieurs Cours suprêmes africaines ont refusé de contourner la tradition en affirmant que la conception moderne génère du désordre dans la société.

A l'inverse, les militantes féministes ont remporté plusieurs batailles juridiques ces dernières années, notamment en Tanzanie. D'autres sont à venir. "Mais combien de femmes ont les moyens financiers et la volonté d'aller se battre devant les tribunaux ?", se demande la Nigériane Joy Ezeilo. Une tactique plus sage est donc de travailler au sein des familles.

"En sensibilisant les pères à accorder les mêmes droits à leurs filles qu'à leurs fils, on permet aussi de faire évoluer la mentalité des belles-familles qui martyrisent et rackettent carrément les épouses lors d'un décès", prône pour sa part Immaculée Biahaheka, qui dirige l'association "Promotion et appui aux initiatives féminines", active dans la région de Goma, à l'est de la République démocratique du Congo. .

Pour la Togolaise Kafui Afiwa, une des priorités pour les militantes africaines est de faire adopter rapidement par tous leurs pays un protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l'homme pour interdire les traitements inhumains infligés aux veuves, faire de la veuve la tutrice de ses enfants, lui donner la possibilité de se remarier avec l'homme de son choix, de demeurer dans la maison de son mari défunt et que femmes et filles soient traitées comme les hommes devant l'héritage.


famafrique ¦ Nouvelles et annonces ¦ ¦ Retour haut de page