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Brazza : l'eldorado des jeunes Kinois |
Par Ferret Anga et Jean-Valere Ngoubangoyi
(SYFIA Congo) A Brazzaville, on compte aussi des dizaines de gamins venus du Congo Kinshasa chercher du travail. Pour ces Kinois, Brazza, surnommée "CFA" pour sa monnaie, est un eldorado.
"Ici, il y a beaucoup de travail que les jeunes congolais n'aiment pas faire par honte et nous on en profite, expliquent deux Kinois, cordonniers, les gens nous aiment parce ce qu'on fait tout. A Kinshasa, il y a trop de monde et même si tu trouves du travail, tu es mal payé. Le salaire ne peut pas te permettre d'acheter une paire de chaussures".
On les voit ainsi aider les handicapés physiques, avec leurs tricycles carrioles, qui font le trafic des produits alimentaires et manufacturés entre Brazzaville et Kinshasa.
Beaucoup d'entre eux affirment être envoyés par leurs parents. En décembre, ils traversent le fleuve pour ramener de l'argent, des appareils de musique ou des habits à leur famille. Mais la vie avec leurs patrons est dure.
"Ici, à Brazza, on pense que tout Zaïrois est un voleur. Quand quelque chose s'égare dans la maison, on ne cherche pas. Ils disent toujours que le boy a volé. Après, on coupe le salaire ou on te chasse", regrette Mayamba, domestique.
Comme d'autres compatriotes il n'a qu'un rêve : beaucoup travailler, économiser pour repartir à Kinshasa, devenir homme d'affaires et partir à "Mikili" (l'Europe).