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Deux femmes dénudées pour port de minijupes |
Nairobi, Kenya (PANA) -- Deux jeunes femmes portant des minijupes ont été houspillées et dévêtues par des vendeurs ambulants, des charretiers et des badauds dans la ville kenyane d'Eldoret, à l'ouest du pays.
La branche kenyane de la fédération des femmes juristes a énergiquement protesté contre l'incident survenu mardi dernier, alors que les deux jeunes femmes rentraient chez elle, après avoir fêté la Saint Valentin.
Elles ont été agressées devant le principal terminus d'autocars de la ville par des vendeurs ambulants, en dépit des protestations des passants. Les victimes ont finalement été ramenées à leurs domiciles respectifs par un chauffeur de taxi sympathique.
"Quiconque dénude publiquement une femme parce qu'elle porte une minijupe est passible de poursuites judiciaires", a déclaré, jeudi, la responsable de la section litiges de la fédération des juristes, Mme Judy Thongori. Un tel acte constitue "une violation flagrante du droit à la vie privée" et correspond à "un attentat à la pudeur", a-t-elle indiqué.
"Des vendeurs ambulants et des charretiers ne peuvent pas faire justice eux-mêmes et décider de sanctionner, ceux qui, à leurs yeux, enfreignent la loi", a-t-elle dit, soulignant que "si les vendeurs ambulants et leurs complices ont constaté que les deux jeunes femmes avaient commis un délit, ils auraient dû le signaler à la police".
Selon Mme Thongori, des actes d'intolérance de cette nature pourraient conduire à l'anarchie. Elle a déploré que certaines femmes aient soutenu les vendeurs ambulants dans leur dérive.
"Ces femmes méritent d'être informées sur leurs droits et comprendre qu'elles peuvent elles-mêmes être des victimes d'agressions ou même de viols de la part de ces mêmes personnes qu'elles approuvent", a-t-elle déclaré.
Mme Linah Kilimo de l'association droits des femmes dans la démocratie a invité les forces de l'ordre à lutter contre les actes de violence contre les femmes et à traduire leurs auteurs en justice.