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L'entrepreneuriat féminin face à la famille et à la tradition |
Kinshasa, Congo (PANA) -- Un atelier sur l'entrepreneuriat féminin face à la famille et à la tradition" s'est récemment tenu à Kinshasa, à l'initiative de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises du Congo (COPEMECO).
Cet atelier s'inscrivait dans le souci de la COPEMECO d'amener la femme entrepreneur congolaise à mieux cerner sa situation et les pressions sociales auxquelles elle est souvent confrontée.
Il était animé par un conseiller de la coopération technique allemande, M. Thierry Kayembe, qui a dressé trois types de femmes entrepreneurs. La femme-entrepreneur "maman bonheur", ou celle qui veut tout faire en famille, car, réalisant des gains élevés dans ses affaires. Il s'agit, selon lui, d'une femme qui cède facilement aux sollicitations de sa famille et de son entourage. Il y a ensuite la femme-entrepreneur chiche, qui cède difficilement aux sollicitations et enfin, la femme-entrepreneur équilibrée.
Cette dernière catégorie, qui constitue l'idéal en affaire, se manifeste, a indiqué M. Kayembe, à travers l'existence de stratégie de bonne gestion, de discipline personnelle, d'une bonne organisation, de formation et d'information des membres de sa famille.
Après cette classification de l'entrepreneur féminin, les participants ont analysé l'entreprise sous l'aspect familial et non familial. Tous les deux types d'entreprises, ont ils relevé, sont caractérisés, dans le contexte africain, par l'ingérence et l'intrusion de la famille à divers niveaux.
Par ailleurs, la femme-entrepreneur reste soumise à diverses obligations d'ordre familial, entrepreneurial et ménager, ce qui constitue des contraintes qui l'empêchent souvent d'évoluer avec efficacité.
Le dynamisme tant loué de l'entrepreneuriat féminin semble moins perceptible quant aux résultats sur la vie de l'entrepreneur et de son entreprise, confinée dans le simple rôle d'activité génératrice de revenus. Dés lors, les participantes ont été invitées à réfléchir sur la manière de briser les obstacles qui les empêchent de progresser dans leur travail.
Quelques pistes de solution ont été proposées, notamment discipliner les membres des familles en les formant et les informant sur l'entrepreneuriat. Il s'agit de se libérer de la peur de certaines traditions, en vue de l'affirmation de leur personnalité en tant qu'entrepreneur, d'intégrer enfin la famille comme élément de gestion de l'entreprise.
Environ 500 femmes congolaises entrepreneurs sont membres de l'Association des Femmes Entrepreneurs (ASSOFE), de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) et de plusieurs corporations.