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Une majorité de femmes
au camp de Forekariah

Par Aida Diop Soumaré

Conakry, Guinée (PANA) -- A 4 km de la commune de Forekariah, en s'enfonçant à l'intérieur des terres à partir de la nationale, au bout d'une piste de latérite, le visiteur se retrouve devant un camp de 10 ha, aménagé pour accueillir les réfugiés dans la localité de Kaleah.

Les maisons, construites en briques de terre, s'alignent les unes à la suite des autres. La propreté et l'ordre des lieux peuvent surprendre le visiteur conditionné par les images tragiques véhiculées par les télévisions du monde, à l'occasion de certains conflits.

A une centaine de kilomètres de Conakry, la préfecture de Forekariah abrite 61467 personnes, soit 60310 sierra léonais et 1087 libériens repartis entre neuf camps.

Les femmes constituent, avec 52 pour cent, la majorité de la population du camp ouvert en 1997, par le Haut Commissariat des Nations pour les Réfugiés (UNHCR), qui continue à assurer la logistique en matière de santé, d'éducation et d'hygiène.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) fournit la nourriture, ont constaté sur place les femmes ouest africaines qui y ont effectué une visite de terrain en marge d'une conférence sur le "rôle des femmes dans la résolution des conflits dans sous région ouest africaine", réunie à Conakry, sous le parrainage de l'UNESCO.

"Au début du conflit, les guinéens rivalisaient de marques de solidarité avec les personnes qui fuyaient la guerre, partageant avec elles, en toute simplicité, le peu qu'ils avaient", témoigne un agent du système des Nations Unies en poste à Conakry. Le HCR a ouvert les camps bien après.

Les femmes y vivent les mêmes réalités que les hommes. Les veuves se trouvent en grand nombre à Forekariah. Les maris ont été tués durant la guerre civile qui a ravagé les deux pays voisins de la Guinée.

Les femmes, qui connaissent des problèmes de santé et de nourriture, sont en plus exposées à la violence. Leur situation d'extrême pauvreté pousse certaines à céder à la prostitution.

Véronica ne se fait pas prier pour confier ses difficultés et parle avec véhémence. "Je suis ici depuis un an, avec mes quatre enfants. Mon mari a été tué et j'ai tout perdu. Je n'ai plus d'avenir là-bas en Sierra Leone. Ici, nous avons d'autres besoins que manger et boire. Nous avons besoin d'argent pour faire du commerce et avoir des revenus. Voilà ce dont nous avons besoin", affirme-t-elle.

Les enfants, également nombreux, constituent l'autre groupe vulnérable du camp. Le niveau de scolarité est faible, surtout chez les filles. 40 pour cent d'enfants ont arrêté les études au cycle primaire et 50 pour cent, au niveau secondaire, selon les données recueillies sur place.

Plus vulnérables que les femmes, les enfants vivent encore l'impact négatif des conflits qui ont déchiré leurs pays respectifs. Beaucoup sont séparés de leurs parents. Certains mineurs sont devenus chefs de famille par la force des choses, d'autres souffrent de divers handicaps, amputés ou traumatisés.

Le HRC tente d'apporter des solutions en développant des programmes de formation et d'information ainsi que des projets générateurs de revenus. Des actions sont également en cours pour permettre aux enfants de retrouver leurs parents et d'échapper aux violences sexuelles.

Plus généralement, les habitants du camp peuvent suivre un programme de résolution des conflits et d'éducation à la paix. Mais, tous sont conscients que seule l'instauration de la paix permet un retour dans la dignité.


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