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Priscilla, une prostituée zambienne de Johannesburg

Par Joël Chipungu, correspondant de la PANA

Lusaka, Zambie (PANA) -- Priscilla (prénom d'emprunt) est une prostituée zambienne qui opère à partir d'un hôtel très connu de Hillbrow, dans le centre de Johannesburg.

Lorsqu'elle est arrivée dans la cité de l'or, il y a quelques mois, elle pensait échapper à un travail pénible et ingrat et au désespoir de la vie en Zambie.

Mais sa décision n'a fait que la plonger dans une vie de terreur et des regrets amers.

Il y a une quinzaine de jours, trois hommes prétendant être des clients l'ont abordée, avec une amie sud-africaine, leur promettant beaucoup d'argent.

"Mais après que nous sommes sortis de l'hôtel, ils ont sorti des couteaux et se sont mis à poignarder mon amie", a-t-elle déclaré. "Après l'avoir tuée, ils se sont retournés vers moi et ont commencé à me poignarder".

Heureusement une patrouille de police s'est arrêtée et les trois hommes ont pris la fuite, laissant Priscilla dans une mare de sang et avec des blessures profondes sur tout le corps, a-t-elle déclaré.

"Regardez ça", dit-elle en soulevant sa robe, exposant une vingtaine d'entailles autour de sa cuisse gauche.

Sa manche gauche porte également une dizaine de blessures similaires au bras gauche.

"Je porte ces blessures sur tout le corps, a déclaré Priscilla, ajoutant que leur intention était de me tuer, mais je ne sais même pas pourquoi".

Priscilla est cependant résignée à propos de cette agression, l'acceptant comme une partie des risques inévitables de la nouvelle vie qu'elle a choisie.

Quelques jours après s'être soignée, elle était de retour à l'hôtel, pour inciter les hommes à "monter" pour 50 rands la "passe" (6 rands = 1 dollar américain).

Le prix augmente pour les clients qui veulent des rapports non protégés (sans préservatif).

"Je leur fais payer 150 rands, car je risque ma vie (en n'utilisant pas de préservatifs), explique-t-elle.

Priscilla, 28 ans, déclare avoir commencé à se prostituer il y a un an, car elle n'avait pas d'autre moyen de gagner sa vie.

Elle fait partie des prostitués zambiennes de plus en plus nombreuses qui ont quitté leur pays pour l'Afrique du sud, quand les "affaires" ont commencé à ne plus marcher en Zambie, en raison des conditions économiques défavorables qui ont entraîné un taux de chômage très élevé.

Dans le seul quartier de Hillbrow, il y aurait au moins un millier de prostituées zambiennes, vivant et "travaillant" dans des maisons de passe déguisées en hôtels.

Leur "siège" était le Dorchester hôtel, mais elles se sont maintenant déplacées vers un autre hôtel après sa fermeture.

Une prostituée zambienne, qui s'est présenté sous le nom de Claire, a confirmé que plus de 20 prostitués zambiennes exerçaient leur commerce dans son hôtel.

Claire, qui est originaire de la ville de la région du sud de Livingstone et se trouve à Johannesburg avec sa sœur Victoria, a déclaré que les prostitués zambiennes de son hôtel s'étaient mises en équipes selon leurs villes d'origine.

Selon elle, les plus sophistiquées opèrent au niveau des clubs huppes, alors que celles qui manient passablement les langues locales sont intégrées aux prostituées locales dans les hôtels "de seconde zone".

Mais les commentaires de Claire sont ambivalents. Son allusion à ces équipes révèle l'existence d'une tension entre les groupes.

"Certaines des zambiennes sont très jalouses. C'est pourquoi je suis accompagnée de ma sœur", a-t-elle révélé.

D'après elle cependant, les prostituées zambiennes sont unies contre leurs concurrentes sud-africaines.

Priscilla et Claire portent des vêtements chers et se sont acheté des téléphones cellulaires "pour contacter nos clients particuliers".

Mais leur vie est un cauchemar, car les ressources sont rares à Hillbrow et la concurrence pour les clients peut devenir mortelle comme Priscilla l'a appris à ses dépens l'autre jour.


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