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TRAVAIL : Les femmes syndicalistes
se battent toujours pour se faire entendre

Par Gustave Capdevila

BUCAREST, 24 oct (IPS) - L'égalité du genre au sein des syndicats est un objectif qui reste encore à atteindre, malgré le fait que la présence accrue des femmes parmi la main-d'ouvre constitue le changement le plus significatif constaté récemment sur les marchés de l'emploi dans le monde.

Un rapport de la Confédération mondiale du travail (CMT), l'une des premières associations syndicales internationales, reconnaît les changements notables provenant de la ''féminisation'' du travail, puisque la participation des femmes dans la main-d'ouvre, à travers le monde entier, atteint maintenant 40 pour cent.

Mais le statut des femmes dans les mouvements syndicaux est loin d'être équitable, selon Kattia Paredes Moreno, coordonnatrice de la division ''Femmes et Travail'' de la CMT, un bureau créé spécifiquement pour promouvoir l'égalité du genre dans les organisations syndicales.

Récemment encore, la plupart des syndicats refusaient d'admettre l'existence des inégalités du genre, mais le problème commence finalement par être perçu et compris, selon la CMT.

Les syndicalistes sont de plus en plus conscients que les hommes et les femmes travailleurs sont confrontés à différentes catégories de problèmes, a déclaré Paredes, mardi au cours du 25ème congrès de la CMT, qui se déroule cette semaine à Bucarest, en Roumanie.

Couty Fall, une experte sénégalaise à l'Organisation internationale du travail (OIT), basée à Genève, a dit que la participation des femmes dans les processus de prise de décision du mouvement syndical mondial était insuffisante à tous les niveaux, qu'il soit local, national, régional ou international.

De plus, la représentation des femmes manque particulièrement à des niveaux supérieurs de la hiérarchie syndicale, des comités de direction et des commissions chargées des négociations collectives, a-t-elle souligné.

Paredes a indiqué que la CMT révisait actuellement ses politiques relatives à la participation des femmes syndicalistes, ajoutant que quoique les progrès aient été très lents, et que le changement n'ait pas été spectaculaire, il y a eu des améliorations.

Selon le rapport présenté par Willys Thys, secrétaire général de la CMT, au congrès l'organe supérieur de l'organisation syndicale, face au constat de la présence des femmes sur les lieux de travail et de leur marginalisation continue, la CMT a la responsabilité de faire de la disparition de l'écart entre l'homme et la femme l'une de ses premières priorités.

Ceci requiert un fonctionnement interne véritablement démocratique pour les syndicats afin que les femmes et les hommes aient un espace égal dans la hiérarchie du travail et dans les processus de prise de décision, indique le rapport.

Mais les syndicalistes d'Amérique latine ont proposé une modification du texte, changeant la formulation restrictive ''avoir '' un espace égal en une formulation plus vague ''peuvent avoir accès à'' un espace égal.

Thys a interprété le changement proposé comme un reflet de la conception du rôle de la femme qui prédomine dans certaines régions et secteurs sociaux d'Amérique latine.

Un mouvement syndical démocratique doit promouvoir la participation des femmes, qui font face à d'énormes obstacles liés au travail, a indiqué le secrétaire général de la CMT.

Basés sur des moyennes globales, les salaires des femmes sont de 20 à 30 pour cent inférieurs à ceux des hommes, mais dans certains cas, la différence s'élève jusqu'à 80 pour cent, a affirmé Paredes, expert de la CMT.

Les entreprises recrutent actuellement plus de femmes parce que c'est plus profitable. Ce n'est pas nécessairement une reconnaissance des capacités des femmes, les entreprises tirent profit du fait qu'elles peuvent s'en tirer en payant des salaires moins élevés aux femmes employées, a-t-elle déclaré.

Au cours des derniers jours du congrès, qui durera une semaine, la CMT étudiera une proposition visant à inclure les femmes dans le conseil fédéral de l'organisation, comprenant 40 membres, et qui sont tous des hommes actuellement.

L'initiative implique la désignation de sept femmes syndicalistes, qui représenteraient l'Afrique, l'Asie, l'Europe de l'est, l'Europe de l'ouest, l'Amérique latine et les Caraïbes, l'Amérique du nord et la commission professionnelle, qui unit des fédérations internationales en se basant sur les activités.

L'homologation de la proposition constituerait un pas important vers la réalisation de l'objectif de la parité, a souligné Paredes.

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