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Les femmes battues ripostent aux violences des burundais

Bujumbura, Burundi (PANA) -- Des associations de défense des droits de la burundaise se sont élevées énergiquement samedi à Bujumbura, contre les violences dont est victime cette catégorie de la population a-t-on constaté sur place.

Mme Règne Circondeye, présidente de l'organisation non gouvernementale "mélodie de la paix", est à l'avant-garde du combat pour la dignité de ses consœurs battues.

Lors de la à travers la première conférence publique du Genre, elle a indiqué à l'assistance de la soixantaine de participants que le moment était venu de briser la chaîne de silence et l'indifférence de la société, des pouvoirs publics, des médias et des victimes elles-mêmes face à ces pratiques rétrogrades et dégradantes pour tout être humain.

"Dans certaines sociétés plus respectueuses du droit et de la vie, même les animaux jouissent d'une protection sincère de la loi au moment où les burundaises continuent à souffrir le martyr des hommes irresponsables, dans l'impunité absolue", a poursuivi Mme Circondeye.

Cette battante, divorcée et expatriée "au pays des droits de la femme", le Canada, a-t-elle lancé à la foule de participants à la conférence, a affirme que "les bonnes manières à l'égard de la femme traduisent partout dans le monde le degré de civilisation d'une nation".

Elle a averti ses congénères qu'elles ne devaient pas s'attendre à un cadeau, le tout étant pour la femme burundaise de "cesser de pleurnicher sous le viole, et de dénoncer toute atteinte aux libertés, à l'intégrité physique et morale dont elle est souvent la victime résignée".

Au niveau des lois officielles, le combat de la femme doit s'orienter vers la révision et la modernisation des textes en vigueur pour mieux garantir les droits et la considération de cette composante sociale du Burundi, a en outre déclare Mme Circondeye.

Ces droits sont bafoués de diverses manières, a-t-elle ajouté, en relevant entre outre, le viol, le harcèlement sexuel, les coups et blessures ; le tout dans le silence des premières victimes que sont les burundaises.

Celles-ci vivent embrigadées dans les mœurs sécuritaires du pays qui les obligent "bêtement" de garder le secret familial, même quand il est nuisible au couple.

La conférencier du jour a par ailleurs indiqué que les femmes battues au Burundi se retrouvent "curieusement" de plus en plus en milieux urbains. Ces conflits tirent leurs sources dans des problèmes de sexe où l'un des conjoints est souvent soupçonné, à tord ou à raison, de liaison extraconjugale.

L'incompatibilité des caractères au niveau des couples aboutit également aux conflits familiaux qui culminent le plus souvent sur des tensions allant jusqu'à "un régime de coups physiques au quotidien", a également relevé Mme Circondeye.

Parlant du projet de l'homme bagarreur au Burundi, Mme Regine Circondeye, a plus particulièrement attiré l'attention sur les "soûlards chroniques", les "maris compléxés par le statut socioprofessionnel plus élève de leurs épouses", ou ceux qui sont "nés et ont grandi dans un milieu naturellement violent".

C'est à ce niveau que la conférencière a estimé nécessaire de donner une place de choix à l'éducation, à une culture de convivialité, de respect mutuel et de dialogue en famille, aux petits burundais, en commençant sous le toit conjugal, puis à l'école.

Parmi les recommandations émises par la conférence placée sous le thème : "battre les femmes, plus jamais ça ", on note l'interpellation faite aux gens du sexe féminin, haut placés dans les administrations d'être les porte-flambeaux de cette lutte à peine engagée contre les batteurs de femmes et l'impunité dont ils jouissent illégalement.

Il a été également recommandé la lutte contre les sources de violences chez les couples, tel l'alcoolisme, les stupéfiants ainsi que l'adultère.

Sur un plan plus concret, les participants à la conférence ont demandé le renforcement des structures d'accueil des femmes battues, comme "la maison des femmes" déjà opérationnelle, située quelque part dans la capitale burundaise, dans le secret des initiatrices et des utilisatrices" pour ne pas attirer l'attention des bourreaux de la femme", a confié à l'assistance, Mme Circondeye.

La plupart des hommes invités à la conférence ont décliné l'offre, "un autre signe d'indifférence", a noté Circondeye.


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