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S'attaquer au racisme et à la xénophobie

DAKAR, 23 jan. (IPS) - Des centaines d'experts et d'autorités gouvernementales venant des quatre coins d'Afrique se réunissent à Dakar, au Sénégal, pour discuter des questions de plus en plus préoccupantes comme le racisme et la xénophobie.

Durant la rencontre de trois jours, qui a débuté lundi, les délégués espèrent définir leur position commune en prévision de la prochaine Conférence mondiale contre le racisme, la xénophobie, la discrimination raciale et l'intolérance qui y est liée, prévue à Durban, en Afrique du sud, au cours du deuxième semestre de cette année.

Au cours d'une conférence de presse organisée au début de janvier, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a indiqué que le choix du lieu était une reconnaissance des efforts faits par le Sénégal pour mettre en relief le rôle et l'importance du continent africain.

Il a toutefois fait remarquer que ce qui restait à faire ''est beaucoup plus difficile'', et cite l'application intégrale des droits des femmes, des enfants et des minorités.

Le Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'Homme, Mary Robinson, qui est également secrétaire générale de la conférence mondiale, a identifié des problèmes qui se posent à l'Afrique. Ils vont ''des formes traditionnelles et contemporaines d'esclavage au trafic de petits enfants et de femmes''.

Elle a également mentionné ''la féminisation de la pauvreté comme une conséquence de la mondialisation, l'exclusion des personnes handicapées et des personnes vivant avec le VIH/SIDA de la société, ainsi que la dégradation environnementale et la pollution comme une conséquence des politiques raciales, et du racisme exprimé en termes de commerce et d'échanges de biens et de services''.

Les préoccupations inscrites à l'ordre du jour de Dakar sont des questions telles que les victimes du racisme, y compris les migrants et les réfugiés, la violence ethnique en Afrique, l'héritage du commerce esclavagiste trans-Atlantique, les mesures de prévention et les solutions, y compris la compensation qui sera débattue par les quelque 500 participants à la conférence.

Les autres questions devant être débattues sont la situation économique et sociale sur le continent africain et la pandémie du VIH/SIDA.

Au cours de la réunion de trois jours, les délégués discuteront et adopteront un avant-projet de déclaration et de programme d'action qui seront soumis à la prochaine session du comité préparatoire de la conférence mondiale, qui se réunira en mai à Genève et sera présidée par Absa Diallo, représentant permanent du Sénégal au bureau des Nations unies à Genève.

La Conférence contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est liée, se déroulera à Durban, Afrique du sud, du 31 août au 7 septembre 2001. ''Cette conférence mondiale a de fortes chances de figurer parmi les plus importantes rencontres du début de ce siècle'', a déclaré Robinson.

Un certain nombre d'organisations non gouvernementales (ONG) africaines, qui s'étaient réunies au Botswana au début de ce mois, ont demandé instamment aux Etats africains de reconnaître la relation critique entre la pauvreté et l'inégalité.

''La xénophobie, comme elle est actuellement pratiquée en Afrique et ailleurs, consiste surtout à rejeter et à maltraiter les travailleurs migrants, les demandeurs d'asile et les réfugiés'', selon les ONG qui ont également ajouté "qu'à cet égard, les Africains font l'objet de discrimination''.

Elles ont lancé un appel pour que la valeur de la richesse multi-culturelle et multi-ethnique, constituée par la population africaine, soit reconnue.

La réunion de Dakar devra également passer en revue le rapport d'un séminaire d'experts sur la prévention des conflits ethniques et raciaux en Afrique, qui s'est tenu en octobre dernier à Addis Abeba, en Ethiopie.

A ce séminaire, les experts ont reconnu que les facteurs historiques comme la traite esclavagiste, les politiques administratives et les actions du colonialisme, qui vont de pair avec la délimitation arbitraire des frontières, ont des effets négatifs sur le développement économique et social et créent actuellement des motifs de conflits ethniques et raciaux.

Le séminaire a également fait remarquer que les conflits ethniques provoquent des déplacements massifs de personnes qui fuient leur pays, et cherchent refuge ou une vie meilleure dans d'autres pays, légalement ou illégalement.

''La migration forcée à l'intérieur et en provenance de l'Afrique a souvent entraîné la désintégration de la famille et des situations de discrimination dans le pays hôte; cela a également occasionné un risque particulier pour les femmes et les enfants'', a conclu le séminaire.


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