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Les zambiennes demandent l'abandon de la dot |
Lusaka, Zambie (PANA) -- Des femmes de la région de Chalimongela dans le Sud de la Zambie ont invité les chefs et les notables de leurs villages, tous sexes confondus, à abandonner ou à revoir à la baisse le paiement de la dot (lobola), qui, disent- elles, retarde leur émancipation.Selon ces femmes, la pratique qui consiste à payer beaucoup d'argent aux parents de la femme a conduit les hommes à faire de leurs épouses des esclaves.
"Nous voulons que nos chefs se réunissent afin de discuter de la question de la "lobola". Ils devront proposer un montant fixe ou tout bonnement annuler cette pratique.
"Nous le disons parce que nous souffrons beaucoup du fait de la lobola. Nos maris nous battent et disent que nous sommes leurs instruments dans la mesure où ils nous ont achetées", a expliqué une de ces femmes, dont les propos sont rapportés par Women for Change, une ONG oeuvrant pour le renforcement des pouvoirs des habitants des zones rurales, en particulier les femmes.
Selon un communiqué de Women for Change, citant des femmes ayant pris part à un récent atelier sur les droits de l'homme organisé par Oxfam dans la région méridionale, les hommes présents à la rencontre ont reconnu qu'ils continuaient de maltraiter les femmes.
Certains hommes ont toutefois rejeté l'abandon de la lobola tandis que d'autres sont d'accord pour qu'elle soit revue à la baisse.
D'autres encore pensent qu'il s'agit là de leur coutume et qu'elle ne devait pas être modifiée".
Par ailleurs, des chefs de haut rang, des notabilités masculines et féminines de la région de Lusaka ayant participé à l'atelier axé sur le thème "droits de l'homme, démocratie et développement", sont tombés d'accord sur le fait que la polygamie et l'exploitation mercantile de la dot doivent désormais cesser dans leur région.
Ils se sont entendus sur des plans destinés à annuler tous les mariages précoces pour qu'aucun homme ou femme ne force sa fille au mariage.
L'abandon ou le maintien de la lobola fait actuellement l'objet d'un débat passionné en Zambie. A l'heure actuelle, la plupart des parents exigent des sommes élevées comme moyen de subsistance.
"C'est une bonne idée d'annuler la lobola. Cette coutume a perdu de sa signification parce que nombre de parents fixent "des tarifs économiques" donc je ne condamne pas les maris qui disent qu'ils ont acheté leurs femmes", a dit à la PANA Nancy Machula, une ménagère de Lusaka.
"Si des villageoises dont on connaît le respect qu'elle voue aux traditions proposent à nos chefs de supprimer la lobola, cela signifie que beaucoup d'entre elles vivent une souffrance indicible auprès de leurs maris", a-t-elle dit.