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Femmes Entrepreneurs Africaines et les TIC: beaucoup d'opportunites en perspective. |
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gkd@phoenix.edc.org
From: ASAFE
Subject: [GKD] Femmes Entrepreneurs Africaines et les TIC
Date: 2 Feb 2000 12:17:38 +0100Par Gisele Mankamte Yitamben
Un peu partout dans le monde et principalement en Afrique, la femme a ete toujours releguée au second plan, écartée plus ou moins des differéntes sphères de decision, bref considérée comme un faire-valoir et reduite sinon aux simples tâches ménagères du moins à celle de procréation tout au plus. Cette approche traditionaliste qui annihile le principe même de l'égalité des sexes tend à voir en la femme un être inferieur, à jamais soumise et dépendante de l'homme. En Afrique on entend même encore dire qu'elle est un bien léguable. Ainsi entendu, la femme ne serait qu'une simple consommatrice improductive parce qu'absente en tous points des circuits économiques et de développement. Pareille conception anachronique mérite d'être battue en brèche eu égard aux efforts significatifs opérés par les femmes ces dernières décennies dans le secteur économique et en matière de développement.
Pour sa part, l'Association pour le Soutien et l'Appui a la Femme Entrepreneur (ASAFE) est une association de membres tournée vers l'appui au développement de l'entreprenariat. Elle a aujourd'hui 11 années d'existence, et compte plus de quatre mille (4.000) membres au Cameroun et au-dela. L'ASAFE, c'est de la formation, notamment en management adapté, l'encadrement et l'assistance à la micro et petite entreprise par une serie d'actions telles que le conseil, les études et recherches, les échanges d'experience etc.. Autant de choses nécessaires qui evoluent, et qui ont pour but, à côté d'initiatives de l'Etat, d'aider la micro et petite entreprises notamment feminines, à améliorer leur apprentissage, à développer leurs productions et services, et à saisir les opportunités offertes par les meilleures pratiques d'ici et la. Il est constant que la majorité des femmes africaines est très peu instruite et même tres peu cultivée. Ce troisième millénaire étant par excellence un millénaire des télécommunications, il apparaît de plus en plus impératif pour la femme de ne pas rester à la traîne. Aussi pense-t-on ici et la que la maîtrise ou l'utilisation des TIC par les femmes serait d'un apport notable dans leur plein épanouissement.
C'est dans ce cadre que l'ASAFE, en partenariat avec Networked Intelligence for Development (NID), a récemment organisé à Douala-Cameroun du 08 au 13 Novembre 1999, une rencontre internationale sur le theme: - developper les échanges commerciaux grâce aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Baptisée "1er Cyber forum des Femmes entrepreneurs d'Afrique et de la Diaspora", cette rencontre a réuni pendant 6 jours plus de 100 femmes venues des quatre coins du monde. Le souci majeur des organisateurs etait porté vers le fait qu'en permettant aux femmes entrepreneurs individuels de combiner ou d'échanger leurs savoir-faire et leurs expériences entreprenariales et de saisir les opportunités qui s'offrent grâce aux TIC, on pourrait ainsi tourner certaines faiblesses de la région en force. Le programme a donée lieu à quatre types d'interactions:
- Sessions de formation spécifique qui ont dispensé des stratégies, des planifications, des démonstrations et des composantes d'acquisition de connaissances pour les entrepreneurs. La session technique comprenait des stratégies de marketing pour les entreprises souhaitant exporter vers l'Europe et les Etats-Unis, la gestion du savoir-faire, les techniques de base sur l'utilisation de l'Internet, la démonstration de l'utilisation de la caméra digitale, et une introduction sur les mécanismes et les perspectives du commerce électronique.
- Visites terrain, c'etait une occasion de visiter quatre entreprises dans le secteur du textile, (confections industrielles) de la production de l'huile de palmiste, de séchage de fruits et légumes et de la fabrication des jus, confitures et des liqueurs à partir des fruits et des plantes de la région. Ceci a donné l'opportunité aux entrepreneurs de discuter des questions relatives aux procédés, aux équipements adaptés, aux matières premières et surtout aux marchés dans lesquels ils étaient engagés.
- Sessions individuelles de conseils aux entrepreneurs au cours desquelles les participants avaient la possibilité de rencontrer un membre du groupe des personnes ressources pour discuter des questions évoquées lors des sessions de formation et se posant directement à leurs entreprises ou des questions personnelles.
- La Foire-Exposition-Vente qui donna l'opportunité aux entrepreneurs d'exposer leurs produits aux participantes et au grand public. Les produits exposés comprenaient des textiles africains, des batiks, des fruits et légumes sèchés, des produits non manufacturés agricoles, aux vêtements de mode, du mobilier unique, des jus de fruits et liqueurs exotiques.
De la lecture générale faite à l'issue des travaux, il est apparu que tout au long du "Cyber forum" les participants avaient soif de plus de formation en profondeur, même sur des questions d'introduction à l'informatique, de gestion de l'information, et du plan d'affaires. Plusieurs participants ont manifesté leur désir de continuer les relations avec les membres de l'équipe des personnes ressources au-delà de cette rencontre. De même de nombreux contacts d'affaires ont été noués, et beaucoup de participantes ont commencé à explorer les possibilités d'échanger entre elles; et l'ASAFE pourrait se trouver dans la position où elle devrait favoriser les échanges trans-frontaliers et les besoins en information des femmes entrepreneurs souhaitant exporter tant régionalement qu'internationalement. Par ailleurs 90% des participants qui jusqu'à présent n'étaient pas encore connectés sur le reseau Internet ont manifesté leur intention de le faire en se dotant au plus vite d'un micro ordinateur ou en s'abonnant à un service public d'Internet afin d'assurer la continuité des contacts noués lors de la rencontre par un développement des échanges accrus de courriers électroniques.
Voici pour conclure l'économie des réactions de quelques participants:
" C'est incroyable! Avec la camera numérique je suis en mesure de faire les photos de mes produits et de les monter en ligne. Je n'ai pas besoin de voyager du Bénin, avec les échantillons de mes produits afin de les présenter aux acheteurs potentiels. Je peux faire de la publicité en ligne. Avec cette nouvelle technologie, l'exportation n'est plus l'affaire réservée des grandes entreprises. " Josée GOTOECHAN (BENIN).
" L'analphabétisme demain voudrait dire l'incapacité à utiliser l'ordinateur et les TIC. Parce que je ne savais pas utiliser l'ordinateur, mes messages étaient préalablement lus par quelqu'un. Maintenant je peux ouvrir l'ordinateur, taper mon mot de passe, entrer dans ma boite à lettres, lire mon courrier sans un regard indiscret. Imaginez le sentiment de liberté après ces deux heures de formation. " TETE NABE (GUINEE Conakry)
" Le commerce électronique commence à peine, les structures pour sa réglementation et sa législation sont seulement entrain d'être mis en place. - Pour une fois les pays en developpement ont l'opportunité de bondir- d'être à peu pres au même niveau que les pays développés. Cette manière de faire les affaires devrait être considérée de manière serieuse par les micro et petites entreprises " Alexander NTOKO (UIT)
" L'ancienne facon de faire les affaires était une économie de mésinformation. Les hommes d'affaire protégeaient leurs intérêts en contrôlant l'accès à l'information. L'Internet, va rendre ceci pratiquement impossible sur le marché aujourd'hui " Ted JOHNSON (PEOPlink)
" Capetown est la porte d'entrée des produits d'Afrique, le marché de bibelot en Afrique du Sud a explosé a cause du développement du tourisme. La nouvelle identité de l'Afrique du Sud signifie qu'il y a un marché potentiel pour les produit de l'Afrique de l'Ouest. En retour il y a un marché en Afrique de l'Ouest et Centrale pour ce genre de programme de formation pour les petites et moyennes entreprises tel que cela se fait en Afrique du Sud. " Denise BIGGS (Afrique du Sud).